La Fenêtre de l’Espoir

A SPOKEN WORD PERFORMANCE AND STUDIO INSTALLATION WITH SENEGALESE SPOKEN WORD ARTIST, MINUS

HOMAGE TO THE WORK OF DJIBRIL DIOP MAMBETY, “TOUKI BOUKI” AND “BADOU BOY” DURING THE DAKAR BIENNAL 2018. This Series contains over than 20 visuals.

MEDINA, DAKAR, Senegal 2018

 Hussein

Hussein

 Minus Niang

Minus Niang

 Sam

Sam

AFRICA RIDER 
sur la piste des grandes espérances avec Djibril Drame (Sénégal)

L'attente était langoureuse, brûlante sous le soleil de midi. Rien ne bougeait, pas un souffle d'air ne venait importuner ces heures où chacun semblait suspendu à un improbable signal. Entre le désœuvrement dominical et l'appel des grands espaces chacun épiait l'autre, juché sur sa bécane. Une odeur d'essence mêlée de poussière imprégnait l'atmosphère. La bande s'était fixée rendez-vous aux abords de la ville, prête pour de nouvelles et grandes échappées.

Un premier moteur se mit à crachoter puis à mugir tel un buffle mécanique bientôt rejoint par un second, puis un troisième. La chaleur déjà accablante se fit étouffante, noyée par les pétarades et une fumée âcre. Ils étaient là au complet, assis sur des selles rapiécées, à califourchon sur des calandres aux vécus hasardeux. D'autres plus loin examinaient encore les moteurs graisseux.

Soudain le bruit de ces étranges machines se fit assourdissant jusqu'à faire vibrer tout le quartier. La terre tremblait comme si un séisme allait sévir sur la ville. Sous l'éclat céleste, la cohorte se mit en route provoquant de gros nuages de poussière. Avec pour casques des chapeaux hirsutes ou têtes nues ils s'élancèrent vers l'horizon lointain. Les mains crispées sur des guidons cornus ils dominaient à la fois leurs motos de fortune et cette piste qui se perdait dans le lointain. Ils faisaient corps avec leur monture comme si l'homme et l'engin n'étaient qu'un être hybride, le fruit défendu d'une nouvelle mythologie.

Rien ne pouvait les arrêter, rien ne pouvait résister à leur passage. La vitesse rimait avec l'ivresse. La liberté se mêlait à la témérité. Derrière eux la ville ne ressemblait qu'à un point à peine perceptible. Devant eux l'astre brûlait leurs yeux et les attendait langoureusement jusqu'à les happer à tout jamais là où naissent les grandes espérances.

Djibril Drame est un photographe sénégalais qui se partage entre Dakar et Los Angeles. Son travail est à la fois urbain et sociologique mettant en évidence l'évolution de la société africaine au regard de son rapport à la tradition et à la modernité. Ses images sont des instantanés alternant portraits, real life et nouvelles mythologies. Dans ses personnages comme ses prises de vue il y a un regard à la fois distancié et une proximité qui lui confèrent un art totalement ancré dans le quotidien.

Essai : Floréal Duran, 5 mondes Gallery

 Ellen

Ellen