Djibril, Gabriel. Dans les Testaments, Ancien et Nouveau, dans le Coran est l’Ange porteur de prophétie, de révélations. Dans les croyances sénégalaises, il est établi l’existence d’un leg de traits de la personnalité entre un nouveau-né et l’être dont il porte le prénom. Comment alors ne pas remonter aux origines de Gaday lorsque nous parlons de Djibril Dramé ? Cet artiste, qui a fait de la passion qui l’anime, sa profession: la photographie. Derrière l’objectif, un homme. Devant, l’Homme. Toujours. Un moment, un évènement, des histoires… C’est cela que Gaday partage avec nous et finalement, avec la postérité. Le présent, qui, d’une minute à l’autre devient passé, pour servir et appartenir au futur. Une série particulière nous intéresse, tant elle est singulière: « Ndeweneul Series ». Particulière parce qu’au final tellement évidente et récurrente pour quiconque aura grandi, comme lui à Dakar et pourtant unique de simplicité, chaleur et partage. Singulière, donc. A l’ère des conflits religieux plus violents chaque nouveau jour, de l’intégrisme plus que jamais présent, de l’ostracisme de plus en plus fort et du sectarisme on ne peut plus menaçant pour une humanité, qui, paradoxalement devra s’ouvrir pour survivre, il est un petit pays de la côte Ouest du berceau de l’humanité, où cohabitent, dans une salutaire cohésion, différentes confessions religieuses, où existe un cimetière mixte musulman/chrétien et où l’on retrouve, dans les écoles du diocèse de la capitale, moins d’élèves catholiques que des autres confessions: le Sénégal. C’est au Sénégal que les enfants, lors des fêtes religieuses, revêtent, dès la fin de la matinée, leurs tenues traditionnelles et arpentent les rues pour recevoir, de la famille, des voisins et des plus grands, le « ndeweneul », les étrennes ! C’est exactement cela que Djibril nous offre, à travers cette série. Des étrennes pour la grâce et la joie de fêter, après cinq années esseulé dans quelque pays du globe, l’Eid El Kebir. Allez-y, regardez et laissez vous emporter par la pureté, la symétrie, les sourires et l’amour qui se dégagent de ce savant et coloré noir et blanc !

 

Mohamed A. CISSE @PATCASSIS

Galeriste et manager de la Galerie MAM au Cameroun

Octobre 2017